Nous n’avions pas d’argent ou si peu… et il fallait payer tant de gens…

Le spectacle réunit 18 comédiens. Pour l’héroïne seulement, il faut déjà compter 8 costumes différents. Faites le compte ! Une cinquantaine de costumes à tout le moins ! Comment faire ?

Acheter le tissu, payer la façon, acheter les boutons, le fil, les fermetures-éclair, les aiguilles… On n’a pas le budget de l’Opéraaaa !

On se décourage ? On renonce ? C’est  sans compter sur l’ingéniosité de la costumière. Elisabeth a l’habitude de ce type de défi, la récup elle connaît !

Et Elisabeth flanquée d’Anne-Marie – notre couturière bénévole – c’est un sacré duo ! Vous pouvez me croire !

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Il y a aussi notre botte secrète : LA CAVERNE ! (son patronyme complet : la caverne d’Ali-Baba, c’est dire !) Un véritable réservoir de trésors cachés – c’est vrai qu’il faut faire des fouilles en règle pour les dénicher. Mais Elisabeth et moi on est passées maîtres en l’art de trouver tout en-dessous d’une pile de chemises de tous les âges et de toutes les couleurs LA chemise qu’on pourra rafistoler au goût du jour. C’est que ça ne s’improvise pas l’art de la débrouille !

Donc nous voici parties en exploration dans la dite CAVERNE par une après-midi pluvieuse. On s’est habillées en conséquence : eh oui ! la caverne est plutôt poussiéreuse… La farfouille commence en bonne et due forme, l’une à droite, l’autre à gauche. On examine chaque caisse, chaque tiroir, chaque pile. On passe en revue chaque armoire, vêtement par vêtement, accessoire par accessoire. Et quand on déniche quelque chose qui ressemble à un trésor, on le pose au sommet de la pile sur le canapé belle époque qui trône à l’avant-plan. La fouille se fait dans un silence religieux entrecoupé d’exclamations diverses : ouille ! bêêêrk ! merde alors ! coool ! suivant les surprises bonnes ou mauvaises que nous réservent les coins les plus secrets des nombreuses armoires.

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Après quelques heures de recherches, le nez enfariné de poussière, les yeux rougis par la lumière hésitante des vieux néons, les doigts râpés par le frottement des tissus, nous nous asseyons enfin sur le flight case bleu et nous regardons un peu hébétées. On va respirer de l’air pur et boire un café avant de discuter des mérites de nos trouvailles respectives ? Aussitôt dit, aussitôt fait ! C’est avec une joie enfantine que l’on se retrouve à l’air libre. Il pleut toujours. On se réfugie dans le café d’à côté pour s’enfiler quelques expressos bien tassés avant de repartir pour un deuxième assaut de la caverne. Le tri commence, on discute à l’infini des costumes que l’on pourra tirer des tissus et des vêtements  que l’on a découverts. Une cape rouge permettra de confectionner la robe de la discothèque, de vieux rideaux de théâtre en velours bordeaux donneront leur tissu aux robes de communion des trois petites filles, cette veste rose retouchée conviendra pour la scène 7 et ainsi, de rêve en rêve, on extrait de nos trouvailles quelques pièces qui, une fois retravaillées, feront des merveilles sur scène…

On a vite fait le compte de ce que cette « foirefouille » nous permettra d’économiser. Et c’est sur les genoux mais heureuses que nous décidons d’aller prendre l’apéro, parce que, mes amis, au théâtre beaucoup de choses se règlent dans l’ambiance surchauffée et chaleureuse d’un bistrot sympa…

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